La biographie de Laure Manaudou : Entre les lignes

« Je n’ai jamais aimé nager. Ce que j’aimais, c’était gagner. Arriver la première, toucher le mur et lever les bras au ciel, encore et encore. Je voulais être la meilleure. J’y ai consacré toute mes forces. J’ai quitté la maison familiale, pleuré seule dans mon lit, crié contre mon entraîneur, enragé contre la défaite au bord des bassins. J’ai gravi l’Olympique et dévalé les marches des podiums avant de les conquérir à nouveau, mais j’ai vécu mon rêve. »

Voilà ce qu’on peut retrouver sur la 4ème de couverture de la biographie de Laure Manaudou « Entre les lignes ». Et qui résume assez bien l’esprit de ce livre. En effet, chaque paragraphe du prologue commencer par « Je n’ai jamais aimé nager ». Je reste un peu perplexe quant à cette phrase qui revient souvent. Comment peut-on devenir une triple médaillée olympique, 3 fois championne du monde, 18 fois championne d’Europe et 58 fois championne de France sans un minimum de passion ? Lorsqu’un nageur a un niveau professionnel, la natation est un petit peu toute sa vie : il se lève pour aller nager plusieurs fois par jour. Donc comment ne pas aimer une activité que l’on fait à longueur de journée ? Un métier que l’on a choisi ? Je ne comprends pas.

Laure Manaudou biographie Entre les lignes

Malgré tout, j’ai dévoré ce livre. Je l’ai adoré. Il est très bien écrit et se lit très vite. Dans ce livre Laure y décrit toute sa vie : comment elle a commencé la natation, comment a gravi les échelons jusqu’à devenir championne olympique, le duo atypique qu’elle a formé avec Philippe Lucas, sa famille, ses amours… Tout.

Philippe Lucas est la première personne a avoir cru en Laure : « Laure est un cheval de course. Avec moi elle sera sera championne olympique à Athènes. » On découvre la vie une Laure encore adolescente, qui passe ses journées au bord des bassins, mais qui a déjà un tempérament bien trempé : « Je me fais engueuler à longueur d’entraînement et je m’en fous pas mal. J’ai la tête dur. Quand il me crie dessus, je ne le regarde même pas. Ça ne m’atteint pas. » Ainsi, même si les deux personnages sont deux têtes de mule, le duo fonctionne bien, puisque Lucas l’emmène sur la première marche du podium olympique et est donc attentif à tout pour y arriver. Avant sa finale des JO à Athènes : « Lorsque nous arrivons à la piscine où se déroule l’épreuve, Philippe a un coup de sang : il découvre qu’il faut gravir une trentaine de marches pour accéder au bassin olympique. Il est furieux, et même fou de rage ! Pour lui, c’est une hérésie de faire grimper des escaliers à un nageur qui s’apprête à faire une course. » J’ai beaucoup apprécié comment Laure décrit sa relation avec Philippe Lucas. Si elle avait été entraîné par un autre, serait-elle devenue championne olympique ? Je me le demande. A travers ce livre on comprend que seuls le travail (beaucoup beaucoup beaucoup de travail), la motivation et le soutien te feront accéder à tes rêves. S’il te manque un de ces trois éléments, c’est foutu ! Et grâce à Philippe, Laure avait ces trois éléments. On ne devient pas une championne en un claquement de doigts.

Laure Manaudou et Philippe Lucas

On comprend également à travers ce livre que l’amour est le moteur de Laure,  ça lui donne des ailes mais ça peut tout aussi bien lui jouer des tours. Elle ferait tout et n’importe quoi par amour, jusqu’à prendre des décisions pas toujours très judicieuses. « Pour Luca je vais faire un truc de dingue. Démesuré. Le signe que j’ai complètement perdu le sens des réalités… Une ou deux fois par mois, j’affrète un jet privé pour aller passer le week-end à Véronne, où mon amour s’entraîne. »

Laure y parle aussi beaucoup de sa famille : ses parents hurlant aux bords des bassins, la naissance de sa fille Manon, la réussite de Florent Manaudou, que l’on qualifiait toujours de « Florent, le frère de Laure Manaudou ». Je pense que l’image de Laure sautant des les bras de Florent lorsqu’il a décroché la médaille d’or aux JO de Londres en 2012 sur le 50 NL restera dans la mémoire de tout le monde. Et lorsqu’il a gagné : « J’ai senti mon coeur s’envoler lorsque quand sa main a tapé le mur. J’étais hystérique, littéralement folle de joie, submergée de bonheur […]. Aucune de mes victoires ne m’a procuré une telle émotion. »

J’ai particulièrement aimé ce livre car tous les petits détails y sont décrits. On a l’impression d’être à la place de Laure : lorsqu’elle est dans la chambre d’appel et qu’elle attend d’aller se placer derrière le plot, ses pensées lorsqu’elle est en train de nager, la peur d’une question piège de Nelson Monfort, son intimidation devant les grands nageurs français de l’époque tels que Franck  Esposito, ou encore Romain Barnier…

Ce livre m’a captivé, émue, fait rire aussi. « Et je suis restée célibataire un mois et demi, record personnel qui tient encore aujourd’hui. » Haha. Si seulement ça pouvait être le cas pour moi aussi *sourire*. Enfin, je pourrais vous citer tout le livre. Tellement je l’ai aimé.

En ayant lu cette biographie, je suis encore plus admirative devant cette grande championne. Bonne continuation Laure.

Laure Manaudou JO 2004 Athènes

« Est-ce-que je comprends ce qui vient de se passer ? Que j’ai fait le quatrième meilleur chrono de tous les temps sur cette distance ? Pas vraiment. J’ai dix-sept ans, et je n’ai pas conscience que je suis en train de vivre l’exploit d’une vie. 4 minutes 5 secondes et 34 centièmes. J’oublie mes temps. Celui-là restera gravé dans ma mémoire. »

Que vous soyez fan de natation ou non, je vous recommande vivement ce livre. A l’origine je ne suis pas particulièrement fan des biographies car elles ne sont parfois pas très intéressantes. Mais celle-ci l’est.

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2 commentaires

  1. c’est marrant, je n’ai pas trop aimé moi par contre et ma conclusion est plutot à l’inverse de la tienne.
    mais par contre, le meme questionnement que toi, à savoir, sans Philippe Lucas, serait elle devenue championne ? je ne crois pas. et elle le sait aussi je crois.

    J'aime

    • J’étais justement tombée sur ton article concernant la bio de Laure Manaudou il y a quelques jours ! 😉
      Et comme tu le dis, ma conclusion est vraiment l’inverse de la tienne. J’ai dévoré ce livre, je l’ai lu d’une traite et ne me suis pas du tout ennuyée. Certes, ce n’est pas de la grande philosophie, mais Laure n’est pas non plus écrivaine ! 😉 J’ai trouvé sa biographie agréable à lire, (enfin, très fluide), drôle, attachante… Comme tu le dis, elle se livre avec sincérité (du moins, c’est ce que j’ai ressenti) à travers ce livre, pas comme celui d’Amaury Leveaux (je ne l’ai pas encore lu mais je suis assez perplexe… ^^)
      Je ne sais pas du tout si tu es nageuse ou passionnée de natation, mais pour tout fan de natation on comprend ce qu’elle ressent : les douleurs de l’âme et du corps… Car la natation est l’un des sports les plus difficiles je pense !

      Mais j’ai tout de même beaucoup aimé ton avis ! 😉

      Aimé par 1 personne

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