12 questions à Anna Santamans

J’ai décidé de commencer une nouvelle catégorie sur mon blog : interview de poissons (entendez par là, « interview de nageurs »).

Stéphane Kempinaire

Photo : Stéphane Kempinaire

Pour inaugurer cette rubrique, j’ai posé quelles questions à Anna Santamans, jeune nageuse niçoise de 22 ans. Pourquoi avoir choisi Anna ? Car elle poste souvent de très jolies photos sur son compte instagram et facebook avec sa Go Pro (c’est une nageuse connectée quoi !), mais surtout car j’admire son parcours, qui ne fait que commencer : JO de Londres en 2012, championnats d’Europe de Berlin en 2014championnats du monde l’été dernier à Kazan… Anna a déjà participé aux plus grandes compétitions malgré son jeune âge !

Elle est également l’actuelle détentrice du record de France du 50 mètres nage libre en petit bassin en 24.05, le 7 décembre 2014 aux championnats du monde à Doha.

Vous l’aurez compris, Anna ne cesse de monter dans la natation française, il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter bon courage et bonne chance pour décrocher son ticket pour les JO de Rio et briller là-bas ! 😉

Photos issues de sa page FaceBook

Je vous laisse avec la petite interview :

A quel âge as-tu commencé à nager et pourquoi ?

J’ai débuté la natation à 7 ans et demi, en 2000. Au mois de septembre, je regardais les jeux olympiques de Sydney à la télé et notamment la natation. Quand il m’a fallu choisir une activité extra-scolaire, j’ai hésité entre l’escrime et la natation et après un essai peu concluant à l’escrime, j’ai choisi la piscine.

Quelle est ta journée type ?

Je m’entraîne 9 fois par semaine, ce à quoi je rajoute 3 séances de musculation. Mes plus grosses journées sont le lundi et le vendredi où je me lève à 6h45 pour partir à la piscine à 7h30. J’enchaîne avec une séance de préparation physique générale (PPG) de 30 minutes environ, puis je nage de 8h30 à 10h. De 10h à 11h, j’ai une séance de musculation, puis je rentre chez moi faire la sieste et manger le repas de midi. Je repars de chez moi à 14h20 pour replonger à 15h et finir l’entraînement à 17h et je peux enfin me reposer jusqu’au lendemain matin !

En moyenne, combien de kilomètres nages-tu par jour ?

Le maximum de distance que j’ai fait en un jour était 14 km (2×7 km) mais en général, je ne dépasse pas les 11 km en période intense.

Ce que tu aimes le plus à l’entraînement ?

La récupération ? Non, j’aime les phases de technique liées à des phases de sprint. Ne faisant que des courtes distances, c’est sur ce genre de travail que j’ai l’impression de plus progresser en vue des compétitions.

Dois-tu suivre des consignes alimentaires strictes et d’autres restrictions particulières ?

Je n’ai aucune obligation de la part de mon entraîneur mais je fais très attention à ce que je mange. Comme pour une voiture de course, le carburant est essentiel pour performer donc je privilégie une alimentation extrêmement saine, bio de préférence. Je me suis énormément documenté pour savoir à quel moment il était préférable de prendre tel ou tel aliment.

Quelle est la médaille dont tu es la plus fière ?

Je pense que c’est notre médaille de bronze lors du relais 4×50 4n dames aux championnats du monde en petit bassin de Doha en 2014 [avec Mathilde Cini, Charlotte Bonnet et Mélanie Henique]. C’est une médaille qui était tellement inattendue que ça la rend encore plus belle : avant ces championnats, notre objectif était de rentrer en finale et finalement nous terminons 3èmes mondiales.

Quel est le meilleur conseil en natation que tu aies reçu ?

C’est assez compliqué de déterminer le meilleur mais, en restant sur quelque chose de simple, j’ai toujours en tête ce que l’entraîneur que j’avais en 2007, Mathieu Burban, m’a dit avant une finale sur 50 pap « je veux que tu sois une tigresse, très agressive ». J’y repense souvent avant mes courses pour me mettre dans un état d’esprit de guerrière.

Comment gères-tu la pression ?

Plus ou moins bien ! J’ai une très forte tendance à me blesser à l’approche des grandes compétitions. Même si on peut voir ça comme de la malchance, ça a le mérite de me détourner de l’objectif principal pour me soigner le plus rapidement possible et donc penser à autre chose qu’à ma course. Je ne dirais pas que c’est une stratégie, mais jusqu’à présent, j’ai toujours été capable de nager et réussir mes compétitions, même en retour de blessure !

Quelle impression ça fait d’arriver sur le bassin olympique et de voir des milliers de spectateurs dans les gradins ?

C’est très impressionnant ! A Londres, lorsque je rentre sur le bord du bassin avant ma course, dans laquelle il y avait deux anglaises (histoire de se faire une idée du bruit dans les tribunes), je n’avais jamais entendu autant de personnes hurler en même temps. Habituellement, j’arrive à faire abstraction du bruit, mais là, c’était impossible.

Aimes-tu nager ? Comprends-tu le fait que certains nageurs olympiques disent ne pas aimer nager ?

J’adore ça ! J’aime peut-être un peu moins m’entraîner qu’avant, mais être dans l’eau, ressentir la glisse, l’eau entre mes doigts et quelque chose que j’aime tellement que je ne peux pas imaginer ma vie autre part que dans un bassin. Quand je vois Florent Manaudou qui dit qu’il n’aime pas nager, je ne comprends pas vraiment, mais le plaisir de s’entraîner est remplacé par la volonté tellement forte de gagner qu’au final, il est capable de s’entraîner aussi dur, voire même plus.

Quel nageur de l’équipe de France de natation fait les meilleures blagues ?

Ce serait dommage de n’en choisir qu’un ! Les marseillais en général sont très blagueurs et mettent toujours une bonne ambiance dans le groupe. J’aurais peut-être un petit faible pour mon amie Béryl Gastaldello avec qui je partage des fois ma chambre qui me fait vraiment bien rire, parfois, avec seulement une grimace dont seule elle a le secret (rien que d’y penser d’ailleurs…)

Question qui va ravir les sirènes : as-tu des astuces pour protéger la peau ou les cheveux des effets du chlore ?

Malheureusement, l’état de mes cheveux est assez catastrophique ! J’ai la chance, cela dit, d’avoir les cheveux épais donc ils sont moins attaqués par le chlore. Je privilégie les shampoing et soins qui, on va dire, sont les moins flatteurs: « cheveux desséchés, agressés, sans éclats, avec des fourches, effet paille » et j’en passe pour limiter la casse au maximum. Pour la peau, j’utilise depuis quelques moins de l’huile d’argan pure (très important) et j’en suis assez satisfaite. Bien entendu ça a un coût mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour le moment. Sinon, pour l’astuce « moins chère », on peut utiliser de la crème pour les mains sur le corps: hydratation intense garantie !

 

Je vous laisse maintenant avec une vidéo qu’a réalisé Anna Santamans pour la Team Arena (son partenaire). J’adore cette vidéo qui me donne envie de plonger !

Alors, qu’avez vous pensé de l’interview ? Pensiez-vous que le quotidien d’un nageur professionnel était celui-ci ? Pensiez-vous qu’elle nageait autant ? N’hésitez pas à me donner vos impressions ! 😉

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Un commentaire

  1. J’ai beaucoup aimé cet petite interwiew. Ni trop longue, ni trop courte. Perso, je n’ai aucune idée de la vie des sportifs mais je sais que ce sont des journées longues et rigoureuses mais quand on aime ce que l’on fais, on relativise ce genre de chose.

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